Les hormones bio-identiques font-elles perdre du poids? Ce que montrent les données
Les hormones bio-identiques font-elles perdre du poids? Ce que montrent les données
Non, pas directement. L’hormonothérapie de la ménopause est neutre sur la balance en moyenne et elle freine l’accumulation de graisse abdominale. La progestérone peut gonfler, mais elle ne fait pas grossir. La testostérone modifie la composition corporelle, parfois sans que le pèse-personne bouge. Et quand une perte de poids est nécessaire, elle vient d’un plan métabolique, avec un agoniste du GLP-1 lorsque les analyses le justifient, en complément de l’hormonothérapie et non à sa place.
Voici les données derrière chacune de ces phrases, et la façon dont nous les appliquons chez Manus Solis.
Pourquoi le poids change à la ménopause
La transition ménopausique augmente la masse grasse et réduit la masse maigre, ce qui abaisse le métabolisme de base. Selon l’énoncé de position 2022 de The Menopause Society, le gain de poids moyen à la mi-vie, une fois la taille corporelle et l’origine prises en compte, est d’environ 1,5 livre par année, et la répartition de la graisse se déplace vers l’abdomen indépendamment de l’âge, de la graisse totale et du niveau d’activité. Environ deux ans après les dernières règles, la courbe de poids se stabilise.
Deux choses en découlent. La prise de poids de la mi-vie est surtout une affaire d’âge, de masse musculaire et de métabolisme, pas seulement d’estrogène. Et la graisse qui s’installe est celle qui compte le plus pour la santé : la graisse viscérale, autour des organes.
Estradiol et progestérone : neutres sur la balance, favorables sur le tour de taille
Les essais sont clairs sur un point. Le même énoncé de position résume ainsi les données : l’hormonothérapie estrogène-progestatif « soit n’a aucun effet sur le poids, soit est associée à un gain de poids moindre » chez les femmes qui l’utilisent. Dans la Women’s Health Initiative, les femmes randomisées à l’hormonothérapie n’ont pas eu de différence significative de poids par rapport au placebo, mais leur tour de taille a moins augmenté au cours des trois premières années. La Société conclut que l’hormonothérapie « peut aider à atténuer l’accumulation de graisse abdominale et le gain de poids » de la transition, tout en précisant que l’effet est petit.
Autrement dit, l’estradiol n’est pas un médicament pour maigrir, et une clinique qui le vend comme tel vous induit en erreur. Ce qu’il fait, c’est retirer un des moteurs de la redistribution abdominale, améliorer le sommeil et les bouffées de chaleur qui minent l’entraînement et l’appétit, et réduire le risque de diabète de type 2 de novo, un effet que l’énoncé de position qualifie de significatif, sans pour autant en faire une indication approuvée.
La progestérone gonfle, elle ne fait pas grossir
Les recherches sur « Prometrium et prise de poids » sont fréquentes, et la réponse mérite d’être précise. La progestérone micronisée peut causer des ballonnements et de la rétention d’eau dans les premières semaines, et elle rend somnolente, ce qui explique qu’on la prenne le soir. Ce que vous voyez alors sur la balance est de l’eau et un transit ralenti, pas de la graisse. Chez la plupart des femmes, cela se résorbe. Quand ce n’est pas le cas, on ajuste la dose, le moment de la prise ou la voie d’administration plutôt que de retirer l’hormone qui protège l’endomètre et le sommeil.
La testostérone change la composition corporelle
Chez l’homme, la testostérone est l’hormone dont l’effet sur le corps est le mieux mesuré. Une méta-analyse de 32 études observationnelles regroupant 4 513 hommes (Corona et coll., Journal of Endocrinological Investigation, 2016) a trouvé, à 24 mois de traitement, une baisse moyenne du poids de 3,5 kg et du tour de taille de 6,2 cm, avec une réduction de la masse grasse, une hausse de la masse maigre et une amélioration de la glycémie à jeun et de la résistance à l’insuline. Les auteurs précisent que l’effet sur le poids doit être confirmé par un essai randomisé conçu pour cela.
Un essai randomisé australien (Ng Tang Fui et coll., BMC Medicine, 2016) montre ce qui se passe quand on ajoute la testostérone à un régime. Cent hommes obèses ont suivi dix semaines de régime très hypocalorique puis 46 semaines de maintien, avec testostérone ou placebo. Les deux groupes ont perdu le même poids. Mais le groupe testostérone a perdu 2,9 kg de graisse de plus, davantage de graisse viscérale, et a conservé 3,4 kg de masse maigre de plus. Les hommes sous placebo perdaient du gras et du muscle; ceux sous testostérone perdaient presque uniquement du gras.
C’est la raison pour laquelle nous parlons de composition corporelle plutôt que de poids. Un homme qui restaure sa testostérone peut voir le chiffre sur la balance à peine bouger pendant que son tour de taille recule et que sa force remonte. Chez la femme, les données sur la testostérone et la composition corporelle sont plus minces, et nous ne prescrivons pas la testostérone dans le but de faire perdre du poids.
Ce qui fait vraiment perdre du poids
Quand une patiente ou un patient arrive avec un objectif de poids, le bilan sanguin commence avant la première ordonnance : insuline et glucose à jeun, HbA1c, bilan lipidique, bilan thyroïdien complet, en plus des hormones sexuelles. Une résistance à l’insuline ou une thyroïde sous-traitée expliquent souvent une bonne part du problème, et aucune hormone bio-identique ne compense un de ces deux facteurs laissé de côté.
Le plan qui suit tient en quatre éléments : un apport en protéines suffisant, un entraînement en résistance qui reconstruit la masse maigre que la mi-vie enlève, un sommeil réparé, et, lorsque les analyses métaboliques le justifient, un agoniste du GLP-1 prescrit en complément de l’hormonothérapie. La logique de l’essai australien s’applique ici aussi : une perte de poids rapide fait fondre du muscle avec le gras, et l’hormonothérapie, avec l’entraînement, est ce qui protège la masse maigre pendant que le poids descend.
Quand arrêter les hormones bio-identiques?
Il n’y a pas d’âge fixe. The Menopause Society écrit qu’« une règle d’arrêt arbitraire fondée sur l’âge n’est pas cliniquement appropriée » et que l’hormonothérapie « n’a pas à être interrompue systématiquement chez les femmes de plus de 60 ou 65 ans ». La décision se prend chaque année, sur les symptômes, la densité osseuse, les risques cardiovasculaire et mammaire propres à chaque femme, et sur ce qu’elle veut. Le poids n’est pas une raison d’arrêter; c’est une raison de revoir le plan métabolique.
Comment cela se passe chez Manus Solis
Les consultations sont virtuelles et s’adressent aux patients qui se trouvent en Ontario au moment de la visite. L’Intégration Vis Viva comprend l’évaluation initiale, la requête de laboratoire, la révision des analyses, l’ordonnance et la visite de suivi à 4 à 6 semaines où la première dose est ajustée. Nous prescrivons des produits bio-identiques approuvés par Santé Canada, comme le gel et les timbres d’estradiol et la progestérone micronisée, ainsi que des préparations magistrales lorsqu’elles répondent mieux au besoin. Le détail des coûts, y compris ce que l’OHIP et les régimes privés couvrent, est dans La BHRT est-elle couverte par l’OHIP?.
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Le Dr Handsun Xiao est un médecin formé à McGill (MD, CCFP) qui pratique la médecine fonctionnelle et l’hormonothérapie bio-identique, avec des consultations virtuelles offertes aux patients partout en Ontario. Il a suivi la formation BHRT de WorldLink Medical et le programme AFMCP de l’Institute for Functional Medicine. Manus Solis offre des consultations BHRT dirigées par un médecin, avec des produits approuvés par Santé Canada et des préparations magistrales d’une pharmacie ontarienne partenaire, Trutina. Pour en savoir plus ou réserver une consultation virtuelle, visitez manussolis.ca.
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